La Reine des Neiges

texte et mise en scène Quentin Defalt

d'après le conte de Hans Christian Andersen

​" Bientôt, tu ne ressentiras plus la froidure qui t'entoure."

La Reine des Neiges

Argument

Kay et Gerda sont deux jeunes enfants liés par une amitié sans faille. Le diable brise un jour son miroir qui a le maléfique pouvoir de changer le beau en laid, et de rendre gracieux l’immondice. Les éclats de miroir se répandent sur la Terre et Kay en reçoit un dans l’œil et un au plus profond de son cœur. Commençant alors à mépriser son entourage, se détachant peu à peu de tous ceux qui l’aiment, Kay va se laisser emmener et enfermer par la Reine des Neiges dans son palais de glace, succombant aux promesses d’un monde sans souffrance. Affectée par la disparation de son ami, et convaincue de sa bonté, Gerda décide de partir à son tour sur les traces de son compagnon. Commence alors un périple jonché d’épreuves, de doutes et de tristesse. Arrivera-t-elle à retrouver Kay et lui redonner sa joie de vivre ? Arrivera-t-elle à sauver et retrouver indemne un enfant qui a grandi trop vite ?

 

Le thème de "l'enfant triste"
- Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir !

- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Paul Verlaine, in Colloque sentimental.

 

Il n’est pas forcément utile de parler de l’intérêt ou de la qualité du conte d’Andersen. Sa force dramatique et émotive en fait un objet éminemment théâtral. En revanche, il peut être important de souligner la direction prise par l’adaptation et la mise en scène.
Kay est un « enfant triste ». Ces enfants apparemment sans-cœurs qui, à la suite d’une tragédie ou parce qu’ils sont contraints de grandir trop vite, se replient sur eux-mêmes, choisissent de ne rien ressentir et murent leur tristesse dans une prison inaccessible. La Reine des Neiges le maintient, telle une figure maternelle, dans un état de dépendance, figeant ses émotions et ses désirs. Telle est ma lecture de ce conte. Comment grandir, comment se construire lorsque votre jeunesse a été fauchée en plein vol, lorsque le monde des adultes a fait une intrusion violente et indélébile dans votre vie d’enfant ?
Tout n’est alors qu’histoire d’emprisonnements et d’états léthargiques. Chaque figure rencontrée par Gerda et Kay ne sert qu’à les priver un peu plus de leur liberté, de leur jeunesse. Les fameuses embuches qui jonchent leur parcours initiatique ne sont que des entraves, qui ne semblent pas (en apparence) se révéler utile à leur avancée dans la vie.



 

Cubes, masques et échasses
Hormis Gerda et Kay, tous les personnages sont masqués. Les personnages adultes, qui ne savent pas entendre ces jeunes enfants, sont sur échasses, les rendant à la fois distants, insaisissables et instables, incapables de se pencher ou de leur tendre vraiment la main. 
La sensation d’étrangeté et  d’emprisonnement est également révélée par la présence de rêves (ou de cauchemars) qui sont autant d’appels au secours de Kay dans l’inconscient de Gerda.
La scénographie faite de cubes transparents indépendants et modulables, manipulée avec fluidité tout au long du spectacle, n’est pas sans rappeler, en fonction des structures, des prisons froides et infranchissables.
Même si l’humour travers le spectacle, La Reine des Neiges reste une invitation à l’errance dans des contrées abandonnées par l’espoir.

Lancer / couper L. von Beethoven - Sonate au clair de lune - Op. 27

© photographies : Philippe Rocher

la presse a dit...

 

" Quentin Defalt conserve la dualité de lecture du conte, structurante pour les enfants et réflexive pour les adultes, et présente un spectacle qui ne verse pas dans le lénifiant cartoonesque en s'appuyant sur une scénographie épurée et judicieuse de Agnès de Palmaert, reposant sur la modularité de cubes de plexiglas transparents qui agit en remarquable symbiose avec le magnifique travail des lumières en clair-obscur caravagesque de Philippe Littlejohn. Par ailleurs, l'utilisation d'échasses et de masques — belles créations de Chloé Cassagnes — pour camper les personnages adultes permet d'introduire un rapport de taille entre adulte et enfant et le nécessaire sentiment d'étrangeté fantastique. ​La rigueur est également de mise pour la direction d'acteur ce qui contribue à une belle homogénéité de jeu. "

Froggy's delight - M. M

 

" L'adaptation du conte d'Andersen, La Reine des Neiges, mise en scène par Quentin Defalt, souligne la tristesse de l'enfant meurtri et privé de liberté. Un univers sombre, à l'esthétique soignée. "

Télérama

 

" Un spectacle fort. Peuplé de créatures étranges, ce voyage fantastique et initiatique à la beauté mystique est tout simplement envoûtant. "

Pariscope - Caroline Munsch

 

" Superbe adaptation théâtrale du conte d'Andersen. Les sept comédiens interprètent avec brio les nombreux personnages qui jalonnent le récit. La scénographie, constituée exclusivement de cubes en plexiglass translucides, les lumières en clair-obscur, la monochromie des teintes des costumes, la musique, donnent à cette Reine des Neiges une intensité dramatique poignante et touchante. "

Radio Aligre

ce spectacle est disponible en tournée

pour adultes à partir de 7 ans - durée 1h15

avec Xavier Catteau (Le diable, La grande corneille, Le renne), Alice Faure (Gerda), Leïla Guérémy (La Reine des Neiges, La princesse, La mère brigand), Aymeric Lecerf (Kay, Jørgen, Un gosse brigand), Baptiste Nénert (La petite corneille, Un gosse brigand, La finnoise), Marie Quiquempois (La grand-mère, La gosse brigand) et Damir Žiško (La vieille magicienne, Le prince, Le père brigand)
assistanat à la mise en scène
Damir Žiško scénographie Agnès de Palmaert lumières Philippe Littlejohn costumes Florie Weber masques Chloé Cassagnes technique des échasses Sylvia Moreno fabrication des échasses Alexis Porée enregistrement des voix Hervé Lacroix maquillages Alice Faure​ habilleuses Alice de Barge chargée de diffusion Anne-Charlotte Lesquibe

 

production Teknaï avec le soutien de la Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay-sur-Seine
Teknaï est en résidence à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay-sur-Seine
Teknaï est soutenu par le département de la Seine-Saint-Denis

le texte est publié aux éditions Les Cygnes

spectacle représenté du 22 mai au 8 juin 2013 au Théâtre 13