Lancelot

​​​texte Gaëtan Peau

d'après Chrétien de Troyes et Geoffroy de Monmouth

 mise en scène Quentin Defalt

​" Je l'ai massacré pour elle ! Et elle ne m'a pas embrassé."

Lancelot

 

Argument
Enlevé et élevé secrètement par Viviane, la Dame du Lac, dans la seule volonté d’en faire l’un des plus grands chevaliers de la Table Ronde, Lancelot grandit dans un environnement propice à l’élévation spirituelle. Merlin, dont l’existence est inconnue par le jeune chevalier, veille sur lui et sur son apprentissage des arts de la guerre.Alors qu’il vient d’avoir dix-huit ans, Lancelot est envoyé à Camelot afin d’être adoubé par Arthur. Au moment de jurer fidélité à son roi, Lancelot pose ses yeux sur la reine Guenièvre et s’éprend éperdument d’elle. Lorsque Méléagant, fils du roi de Gorre et chevalier du Pays sans Retour, surgit à la cour du roi Arthur pour enlever Guenièvre, Lancelot n’a plus qu’une seule idée en tête : libérer la femme qu’il aime, en dépit des disgrâces et humiliations à venir.

Lancelot est un voyage au cœur d'un Moyen Âge violent et obscur, la quête d'un jeune chevalier étouffé par son orgueil et un amour déraisonnable. Mais quel amour ne l'est pas...?

 

Une quête sanglante et courtoise...
La légende arthurienne repose sur un champ d'une incroyable fertilité, où les possibilités d'invention et de création sont infinies. Devant cette sensation océanique, il nous fallait prendre un axe qui allait bientôt donner une direction. Deux figures ont particulièrement attiré notre attention : celle de Lancelot et celle de Merlin. La filiation entre les deux n'est pas évidente et n'apparaît que très peu dans les textes. Pourtant elle nous a semblé réellement intéressante.

Nous avons imaginé qu’à défaut de pouvoir donner un enfant à Viviane, Merlin en a fait germer l'idée dans son esprit. La puissance de Merlin, son aura, planera toujours dans l'air comme une voix divine qui guide, mais aussi qui se méfie. Lancelot est alors un chevalier de Merlin. Chrétien de Troyes (≈ 1135-1183) a écrit Lancelot ou le Chevalier de la charrette, et son histoire nous a servi de base. Mais Merlin n'y apparaît pas. C'est dans La Vie de Merlin de Geoffroy de Monmouth (≈ 1100-1155), que nous avons puisé notre inspiration : Merlin y apparaît tel est un anachorète mélancolique, sombre, et tourmenté.

Ce spectacle réinvente une histoire axée autour d’une idée : la pureté est une quête sans fin qui, au–delà de la force et de l’esprit, est tributaire du cœur. Tout chevalier de la Table Ronde qu’il est, Lancelot laisse un amour défendu sceller son destin. Nous aimons à penser que la quête de pureté absolue est folie. Et l'homme, aussi chevaleresque soit-il, commet inévitablement des erreurs.

Loin de l’image du chevalier lumineux, ce Lancelot assume sa part d’ombre, de violence et de trahisons envers l’ordre de la chevalerie. Au-delà du fait de vouloir délivrer Guenièvre, qu’il sait ne jamais pouvoir être sienne, il suit une quête personnelle lui permettant de comprendre qui il est et d’envisager les épreuves à venir. On ne jette pas son dévolu sur une femme intouchable sans raison. L’orgueil et l’arrogance ne justifient pas tout…

Traversé par les combats, la magie et des lumières en clair-obscur, le récit se déroule telle une tragédie au gout de cendre. Des ténèbres surgira péniblement la lumière. Une lumière en sursis…

 

... dans un écrin blindé, souillé et noyé dans les ténèbres.

Lancelot, Merlin, Arthur, Gauvain, Yvain et les autres protagonistes évoluent dans une scénographie faite de panneaux de métal ajourés. Ce matériau brut, guerrier, masculin, rappelant celui des armures et des épées, sert d’écrin blindé aux autres personnages féminins, dont la douceur se heurte à la froideur de l’environnement. Leur présence n’en est alors que plus salvatrice...

Les panneaux ajourés peuvent alors représenter une forêt, un bord de lac, un château, la cour du roi Arthur… Cinq caissons constituent le mobilier polyvalent (trône, sièges, pont…). La scénographie ne cesse d’évoluer au grès du spectacle et de la lumière, une lumière froide, peu rassurante et faible.

Les costumes ne sont pas forcément proches d’une réalité historique mais sont inspirés des Xe, XIe, XIIe et XIIIe siècles. Ils font la part belle au métal et à la fourrure. L’usure et le sang sont les liens entre chaque costume.

ce spectacle est disponible en tournée

pour adultes à partir de 10 ans - durée 1h40

avec Julie André (Guenièvre, Aanor), Simon-Pierre Boireau (Gauvain), Xavier Catteau (Yvain, Le vavasseur), Romain Duquesne (Lancelot), Jean-Patrick Gauthier (Ké le sénéchal, Baudemagus), Juliette Coulon​​ ou Leïla Guérémy (Viviane, Eurielle), Aymeric Lecerf (Méléagant), Gaëtan Peau (Merlin), Boris Ravaine (Arthur, Le chevalier noir) et Victorien Robert (Perceval, Le bourreau)

assistanat à la mise en scène Damir Žiško scénographie Agnès de Palmaert et Natacha Le Guen de Kerneizon, lumières Philippe Littlejohn costumes Florie Weber et Madeleine Lhopitallier réglage des combats Maître Patrice Camboni assisté de Thomas Chariot magie Nicolas Audouze maquillages Alice Faure chargée de diffusion Anne Gégu

 

production Teknaï avec l'aide à la diffusion d'Arcadi et le soutien de la Spedidam

spectacle répété en résidence au Théâtre 13 et au Théâtre Espace Coluche (Plaisir)
Teknaï est en résidence à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay-sur-Seine et est soutenu par le département de Seine-Saint-Denis

le texte est publié aux éditions Les Cygnes

spectacle représenté du 10 janvier au 23 février 2014 au Théâtre 13

Lancer / couper Anonyme du XVe - Confetemini Domino

© photographies : Philippe Rocher / Quentin Defalt

la presse a dit...

 

" Le metteur en scène s'appuie sur une scénographie solide et inventive : une réussite. Tout comme l'univers sonore et les subtiles lumières de Philippe Littlejohn qui accompagnent le spectacle de bout en bout. Si on ajoute à cela les sublimes costumes et les maquillages sophistiqués, on peut vous affirmer que, visuellement, tout est mis en place pour séduire un large public. "

Pariscope (Dimitri Denorme)

 

" Saluons le travail d’écriture et la mise en scène soignée de Quentin Defalt, qui nous livre ici une belle adaptation poétique, rythmée par des combats millimétrés savamment mis en lumières par Philippe Littlejohn. "

Pariscope (Caroline Munsch)

 

" Revisiter les chevaliers de la Table ronde et le mythe de Lancelot n’est pas la chose la plus aisée, surtout au Théâtre. Patrice Camboni a réglé des combats qui font frémir la salle. On est emporté par la générosité, l’enthousiasme, l’incroyable énergie des comédiens. Chrétien de Troyes n’est pas toujours très facile à lire et ce spectacle nous fait entrer dans un univers merveilleux. Un cheval de Troie pour une des œuvres qui a le plus marqué l’histoire de l’Occident. "

Figaroscope (Jean-Luc Jeener)

 

" Une fresque moyenâgeuse des plus séduisantes. La Compagnie Teknaï offre un spectacle visuellement enthousiasmant, revisitant avec fidélité, originalité, fraîcheur, humour aussi, la légende de Lancelot, à partir des ouvrages de Chrétien de Troyes et de Geoffroy de Monmouth. Troupe épatante, mise en scène d’une fluidité exceptionnelle, images sublimes, magie, combats réglés au millimètre… Nous n’avons pas boudé notre plaisir. "

FousdeThéâtre.com (Thomas Baudeau)

 

" La mise en scène, remarquable, s’appuie sur l’épure des décors mobiles, qui délimitent l’espace du pouvoir comme celui de l’enfermement, la souplesse efficace des corps, les combats chorégraphiés, les épées qui sonnent et les corps qui souffrent. Un univers déchiré de bestialité, exacerbé de désirs, à peine tempéré de courtoisie, traversé d’orages, ceux de la nuit et ceux du cœur. On sort troublé de ce bouleversement des idéaux. Mais émerveillé, et secrètement rassuré par la sensualité qui se dégage des corps, les désirs qui les taraudent, la soumission dérisoire, la peur ordinaire. Tant d’humanité à portée du rêve… "

Spectacles Sélection (Annick Drogou)

 

" Pour les grands comme les petits, ce spectacle est une plongée dans l’univers féérique des Chevaliers de la table ronde. Superbement chorégraphiés, les combats s’enchaînent au fil de l’épée, dans un clair-obscur propice à l’imagination. Tout en métal et en fourrure, les costumes plongent les spectateurs dans un Moyen Age réinventé, où l’on s’attend à voir surgir à tout instant la magie de Merlin. "

Le Magazine Info (Joévin Canet)

 

" Ce spectacle se veut une brillante BD animée où éclairages et costumes soignés nous transportent sans peine vers l’époque médiévale. "

Reg’Arts

 

" Tout l’imaginaire relatif à la chevalerie est présent. Les vaillants combattants du roi Arthur sont mis en scène avec précisions et le spectacle nous offre des tableaux de toute beauté. "

Théâtre.com

 

" Une mise en scène qui réserve de beaux combats à l’épée réalistes, quelques traits d’humour et une scénographie esthétique qui permet de beaux effets de clair-obscur. "

Télérama